Week-end lecture #162 : Le maître des Miniatures de Jim Shepard

Week-end lecture #162 : Le Maître des Miniatures

J'ai choisi ce roman d'abord pour la couverture et puis je l'ai lu. Il est tellement différent de tous les romans que j'ai pu lire ces derniers mois que je ne saurais le définir vraiment, pourtant, je suis censée vous donner envie de le lire alors je vais tenter de vous le présenter quand même. 

L'histoire :

Japon, juillet 1954. Eiji Tsuburaya, directeur des effets spéciaux de la Toho Films, est censé, en seulement deux mois, donner une apparence à Gojira, roi des Monstres. Débordé, il n'a de temps ni pour Massano, sa femme, ni pour Akira et Hajime, ses deux enfants. Il n'a pas même de temps pour se souvenir de sa fille, Miyako, morte quand elle avait deux ans, ou de son père, décédé 21 ans plus tôt dans le terrible tremblement de terre de Kanto. Sa vie se limite à créer un monstre.

Mon avis :

Même si sa jolie couverture peut plaire aux enfants, ce livre s'adresse bien entendu aux adultes. Ce livre ne se résume pas, il se lit et je pense même que chacun aura son propre regard sur cette histoire en fonction de son histoire, de ses relations paternelles mais aussi des cicatrices que lui a infligé la vie.

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas été bouleversée par un livre et celui-ci m'a pris aux tripes inconsciemment. J'ai été chamboulée par les mot de Jim Shepard qui nous emmène au siècle dernier, une époque lointaine et proche à la fois. Même si l'histoire tourne autour de la création de ce monstre Gojira qui deviendra Godzilla (et on ne sais d'ailleurs pas pourquoi son nom a changé, sans doute parce que cela sonnait mieux pour l'Occident), il y a l'histoire intime de Eiji Tsuburaya, sa relation amoureuse, mais aussi les blessures de la vie... 

Ce récit, je l'ai lu en moins de deux heures, je m'en suis imprégnée, je suis sortie de cette lecture avec une profonde tristesse mais aussi cet espoir que même si la vie ne répond pas à toutes nos questions nous vivons avec et nous nous devons d'échanger avec les autres et parler de nos peurs et nos angoisses. Ce roman, ce chef d'oeuvre même, subtil et bouleversant ne manquera pas de réveiller en vous des sentiments profondément enfouis...

Le roman se termine par cette citation d'Oscar Wilde troublante de vérité :

Grand ou petit, nous seuls sommes la cause de notre perte, et si terrible qu'il soit, le mal que m'a fait le monde n'est rien comparé à celui encore plus terrible que je me suis fait.

Mary Leviandier sur

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