Week-end lecture #179 : D'ici je vois la Mer

D'ici je vois la Mer chez Didier Jeunesse, voici un titre inspirant pour moi qui ne peux vivre trop longtemps éloignée de l'air iodé et dont le prénom fait référence à une goutte de mer.

Ce livre est un coup de coeur avant tout visuel, il est beau et trône à la première place sur ma bibliothèque, mais il est aussi troublant, émotionnel et réveille chez le lecteur l'empathie au fil des pages.

Week-end lecture #179 : D'ici je vois la Mer

L'histoire

Week-end lecture #179 : D'ici je vois la Mer

Sous la lumière pure d’un matin d’été, un garçon raconte sa matinée idyllique  en bord de mer : le cri des mouettes, les lupins qui murmurent sous le vent, sa promenade sur la plage... Pendant ce temps, tout au fond, sous la mer, son père creuse pour trouver du charbon.

Ainsi, le  garçon raconte une journée typique dans une ville minière du Cap-Breton. Alors qu'il détale les collines, joue avec ses amis, fait de la balançoire et admire la lumière du soleil sur l'eau, son père travaille loin sous la mer, dans une mine de charbon.Il est heureux de se retrouver en famille le soir, et puis il sait que sa vie demain sera sous la mer, comme son père.

Week-end lecture #179 : D'ici je vois la Mer

Mon avis

J'adore les livres d'images comme celui-ci car le texte sublime principalement les illustrations. 

L'utilisation des répétitions et des lignes simples donnent au texte une poésie.  Du fait que le livre est narré à la première personne, on entend la voix du garçon,  l'incertitude (ou non son père rentrera en vie à la fin de la journée), le garçon a organisé sa vie avec précision. Un catalogue des sons entendus quand il se réveille. Je n'arrive pas à trouver les mots qui décriraient parfaitement cette lecture...

L'illustrateur originaire de Toronto, Sydney Smith ne s'arrête pas sur le gravier et la saleté industrielle des mines de charbon. L'image du site industriel est presque rudimentaire et dans les mines elles-mêmes, non, il est beaucoup plus intéressé à faire passer le simple poids oppressant de la roche et de la mer en plaçant les travailleurs dans les couches inférieures de la page. Mais la majeure partie du livre s'intéresse à la lumière.  

Bien qu'une Note de l'auteur à la fin mentionne que ce livre se situe dans les années 1950, vous ne le remarquerez sans doute pas, tellement ces aquarelles sont intemporelles...

En bref

Schwartz et Smith ont créé un livre qui est à la fois une très belle histoire et un bel objet. Un livre qui donne dignité à ses personnages et un sérieux à son sujet sans pour autant sacrifier la nécessité d'un jeu d'enfant. Un livre magnifique. Sans doute le genre que chaque lecteur interprète d'une manière différente, chacun aura son niveau de lecture (et c'est aussi sans doute cela qui est interessant également). 

 

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