Week-end lecture #212 : La sorcière oubliée

Week-end lecture #212 : La Sorcière oubliée

Melvin Burgess fait partie de mes auteurs anglais contemporains préférés. J'ai conscience qu'il ne fait pas l'unamité car certains le trouveront trop "crû" dans ces écrits, ces récits sur l'adolescence, ces personnages,ces descriptions peuvent choquer, mais c'est justement aussi pour ça que j'apprécie vraiment ces romans, il est à mon humble avis un véritable précurseur en la matière. J'ai remarqué également qu'il était souvent encensé de l'autre côté de La manche, tandis qu'en France il est peu apprécié...

L'histoire :

Traquée, Béa ne sait plus à qui faire confiance, ni où elle est en sécurité. Elle a des visions étranges, entend des voix... et se découvre un pouvoir très rare, celui d'invoquer les esprits. Lars, le mystérieux, le séduisant skateur avec qui elle s'est entraînée pendant l'été, connaît son secret et la prend au piège d'une relation toxique. Manipulée, elle se met à douter de tout -sauf des conséquences de ses actes.

Mon avis :

Ce qui m'a le plus surprise dans ce livre sans doute c'est qu'il ne se "déroule" pas comme je l'aurais imaginé... 

Bea, notre protagoniste, commence lentement à réaliser qu'elle a les pouvoirs d'une sorcière. Elle est également attirée par Lars, le garçon aîné mignon et mystérieux du skate park local. Cela semble assez typique de beaucoup de romance paranormale et de fantasy pour les jeunes adultes, mais après la première partie du livre,  l'histoire prend une direction complètement différente de ce à quoi je m'attendais.

C'est un roman vraiment surréaliste - il y a des scènes vraiment bizarres... Une grande partie du roman se déroule dans la campagne et les descriptions de Burgess évoquent effectivement une atmosphère de magie ancienne et terrestre.

Bea n'est pas le plus grand personnage - je l'ai trouvée un peu irritante (elle m'a agacée plus d'une fois). Et puis son âge, 13 ans au début, et 15 ans m'interpelle un peu, surtout compte tenu de la façon dont sa relation avec Lars se développe. Je l'aurais personnellement vieillie (jusqu'à 15 ans en 16/17), même si je suppose que son jeune âge rend les nombreuses décisions discutables qu'elle prend plus réalistes. Lars, d'un autre côté, est probablement le personnage le plus intéressant du livre - il commence par ressembler à un amour générique masculin  mais révèle bientôt différentes facettes... je n'e dirai pas plus !

Le style d'écriture de Burgess est intéressant, même si j'ai honnêtement pensé pendant un moment que le roman se déroulait dans les années 90 - ce n'est que lorsque Bea a utilisé son téléphone portable que j'ai réalisé qu'il se déroulait dans le présent. Pourtant, cela rend le roman un peu plus intemporel et rustique, presque - comme s'il était coincé dans une partie morne de l'Angleterre qui n'avait pas encore rattrapé le reste du pays. Mais connaissant Melvin Burgess, je pense que c'est aussi volontaire de sa part... son style reste inimitable !

 

En bref :

Ce livre n’est pas pour tout le monde - Burgess a un style d’écriture tout à fait unique - mais c’est définitivement une lecture surprenante et imprévisible, ce qui en vaut la peine. J'ai adoré l'atmosphère effrayante et décalée et le côté obscur du roman....  

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