Et soudain le silence...

«Repose-toi du son dans le silence,et, du silence, daigne revenir au son. Seul si tu peux, si tu sais être seul, déverse-toi parfois jusqu'à la foule. »

 ... et puis rien. Je me suis sentie comme ce coquelicot isolé dans ce champ.

Et soudain le silence ...

Je suis rentrée de Paris mardi soir et tout le monde était parti. Quand je dis tout le monde, c'est Chéri et mes nanas... Alors oui bien sûr, j'étais préparée, c'est pas comme si ils s'étaient enfuis à mon insu. Je les ai aidé tout le week-end à préparer leurs valises, emballant avec soin chaque petit vêtement, et comptant minutieusement le nombre de culottes (ben quoi ? 7 jours, 9 culottes ce n'est jamais trop).

J'ai poussé la porte et le silence m'a surpris. L'odeur aussi de la maison, j'étais partie deux jours et les parfums de la vie parisienne avait déjà envahi mon cerveau.

J'ai presque eu envie de crier "y'a quelqu'un ?", mais ce qui m'aurait encore plus surprise c'est qu'on me réponde. C'était étrange de rentrer et de ne trouver personne. Personne à qui raconter son voyage, sa formation, ce restaurant de ce St Germain en terrasse, et puis les savoir loin de moi à 1800 kilomètres... Par chance, j'étais fatiguée, j'ai bouquiné quelques lignes et la douce Morphéus m'a naturellement emportée.

​Finalement, le plus dur c'est de s'habituer au silence. La solitude ne m'ennuie pas, j'ai été habituée très jeune à être seule... mais quand on ne quitte pratiquement jamais sa famille, et qu'on ne voyage que très rarement sans ses enfants, clairement on ressent le vide. Mais je ne me suis pas laissée aller : j'ai sorti mon carnet de voyages afin d'y compléter notre dernier voyage à New York, je prépare notre voyage à Camden le mois prochain (d'ailleurs nous aurons la chance d'escalader la mythique salle de l'O2).

Ce matin, j'ai appelé mon père, il m'a parlé de sa télévision et de sa box, du Tour de France et de matchs de foot du mondial, je lui ai dit que les filles étaient à Corfou avec Chéri... il m'a souhaité une bonne continuation (je pensais que ça ne se disait que dans les lettres ou au restaurant, mais pas d'un père à sa fille). C'est pas drôle, mais ça finit par me faire sourire (peut-être parce que j'ai assez pleuré), car rien ne changera à ce niveau là... j'ai relu l'image du père et en effet rien n'a changé. Après tout je m'en fiche, et j'ai été faire une longue marche de dix kilomètres. 

J'ai plein de gens bienveillants qui m'entourent, qui s'occupent et se préoccupent de moi en leur absence... j'ai hâte de revoir ma petite famille mais en attendant je remercie le dieu Apple et son FaceTime qui me permet de voir leurs bouilles ensoleillées (et leurs coups de soleil ! Parce que Papa ne gère pas la crème solaire comme maman !). Elijah a été malade hier, un mal de transport, mon coeur s'est tordu, comme brouillé à l'idée que je n'étais pas à ses côtés... un membre personnel du bateau sur lequel elle voyageait lui a donné un sorbet, j'étais rassurée qu'elle aille mieux mais j'aurais aimé être là pour lui masser son petit bidon.

Voilà, il fallait juste que j'écrive ce silence, cette humeur, cette sensation... quand ils rentreront, la maison sera rangée, le carnet de voyages terminé, le séjour à Londres planifié (ou presque)... et je passerai un peu de temps avec eux (mais ça ils ne le savent pas encore).

Et toi ? Tu en penses quoi de ce silence ?

Mary Leviandier sur

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Commentaires

  • oth67
    Le silence... Sunday !
    Petit clin d'oeil nostalgique !
    Bises
  • SoSophSophie
    • 2. SoSophSophie Le 17/07/2018
    Hello Mary ! J'ai souri en lisant ton article car je me suis vue !!! Ce silence, je l'ai tant aimé et tant detesté ...Envie parfois de courir dans la maison en hurlant comme une histérique et parfois envie de me boucher les oreilles ... Bref, je crois que je n'arriverai jamais à l'apprivoiser... Have a nice day ! BisousX