Slow blogging et influence, le bon équilibre...

Ne soyons pas dupes, en 15 ans de blogging et d'influence, et malgré parfois le doute et ce sentiment d'illégitimité, je peux le dire je suis une influencer. Déjà, tout simplement parce que je ne pense pas que j'aurais "tenu" aussi longtemps, je fais partie de ces dinosaures de la toile qui s'accrochent. Et puis lorsque ta meilleure pote achète le même t-shirt que toi parce que tu l'as porté sur Instagram, tu peux t'écrier : I'm an Influencer ! Youhooo ! {SECOND DEGRÉ}

L'effet papillon

En fait, c'est pas que ça me fasse une belle jambe d'être considérée comme tel mais j'aimerais par conséquent un peu plus de reconnaissance. J'aimerais ne pas avoir à  m'écrier "You know who i am ?" quand j'arrive quelque part (humour et private joke mais qui en a fait pâlir quelques uns... je n'oublierai jamais la tête du portier du Lego Store de Leicester Square lorsque nous nous sommes écriés ça !)

Bref, tout ça c'est très beau et j'avoue que ma position m'a permis de vivre de superbes moments dans des hôtels de Luxe, d'avoir une bouteille de vin ou de champagne offert dans ma chambre et même des gâteaux à mon nom (et sans faute en plus) ! 

Les hôtels et moi....

Un jour quelqu'un m'a dit : "Ben dis donc, je vais faire un blog et un compte Instagram comme ça je pourrai en profiter comme toi !"

Bien sûr ma chérie, vas-y ! Fonce ! Mais as-tu seulement conscience du travail que ça implique ? Des heures à travailler, écrire, trouver la bonne photo.

Comme si c'était facile...

Je n'ai jamais aimé le mot influencer parce que je ne me suis jamais considérée ainsi, et puis un jour un ami me l'a envoyé en pleine tête, ce n'était pas violent ou douloureux mais simplement pragmatique :

"Ben oui, tu fais tout ça, et au final tu n'as pas de vraie reconnaissance, tu dois encore te démener pour avoir des accès et qu'on t'ouvre des portes..." 

Je balade ma bosse entre Londres et Dunkerque et parfois que ce soit à Dunkerque ou à Paris (en France en général), c'est compliqué (heureusement il y a de rares exceptions avec lesquelles je travaille et collabore depuis quelques années qui se reconnaitront ici) !

Pourtant le job est fait, toujours !

Et puis la semaine dernière, c'était un mail de trop, pour un événement pour lequel j'avais envoyé un mail à la chargée de Comm'.

Je me présente comme d'habitude, donne toutes les infos sur mes réseaux, sur ma visibilité et toussa. Et puis, elle ne tarde pas à me répondre :

"Bonjour Madame,

Au vu des nombreuses demandes reçues, je ne suis pas en mesure de répondre favorablement à votre demande d’accréditation, privilégiant les personnes disposant d’une carte de presse. 

Vous remerciant de votre compréhension."

Ouch Ouch Ouch ! Carte de presse ? Nan mais elle est restée figée au siècle dernier cette dame ? Allo quoi ? T'as pas de Carte de Presse, tu rentreras pas ! Madame ? Sans déconner, la dernière chargée de Comm' qui m'a appelée Madame c'était celle du Mandarin Oriental, ah non, même pas... en fait. Détends-toi ma chérie, tu es au XXIème siècle ! 

Comment communiquer sur des structures ou des événements alors qu'on est mis de côté et qu'une quinzaine d'année de blogging et d'influence n'ont aucun poids et ne vous donnent aucune légitimité ? Alors de plus en plus je m'interroge sur l'intérêt, j'en ai aucun, je fais des articles, consacre un temps fou à écrire, fais des photos et puis au final c'est normal. Après tout, on ne m'a rien demandé, hein ! 

La mentalité est différente en Angleterre, un truc hallucinant, et même si le Brexit est passé par là, ça ne change rien. Mes demandes de partenariats (j'en ai besoin pour créer du contenu ici, sinon je n'écris rien) sont validées en quelques jours, et lorsque c'est impossible les PR (pour Press Relation) essayent toujours de me trouver une solution intermédiaire. J'ai d'ailleurs des liens avec certains d'entre eux depuis quelques années. 

J'ai beaucoup réfléchi avant d'écrire cet article, je ne pense pas être prétentieuse, mais je vais ralentir le rythme sur KID en tout cas (avec une priorité pour les partenaires de toujours et ceux qui me contacteront aujourd'hui et demain). Sur ce blog je continuerai à garder le rythme. La sortie du Guide Lonely Planet, les projets qui bouillonnent dans ma tête, l'envie de nouveaux voyages, et la pile de livres qui trônent sur ma table de nuit m'appellent.

Je ne peux néanmoins pas me passer de ce blog, ce serait pire que d'essayer d'arrêter de fumer (même si je ne fume pas). Je regarde continuellement la vie, ce qui m'entoure et je vois autour de moi les choses que j'ai envie de partager avec vous ici, d'écrire.  

Bloguer, c est une partie de moi depuis 15 ans maintenant, une partie intégrante, je n'arrêterai pas malgré :

- Les trolls et les méchancetés, comme ce dernier message reçu qui m'a provoqué un coup de sang : "Utiliser des gosses pour nourrir ton narcissisme. Compter là-dessus pour en tirer quelques profits. Dans ton pays aux merveilles merveilleux pour les crédules, vas bosser ou sois une mère au foyer digne. Salutations, from Lille/Manchester."

- le déni de certains (ben oui, je ne suis pas journaliste c'est sûr et je n'en ai aucunement la prétention ou les capacités),

- les yeux ronds quand je me présente, "what ??? Un blogueur ? C'est quoi !?!"

- les PR (particulièrement en France) qui me disent comment écrire et présenter un produit (et ça je n'en veux plus)

Le slow blogging me permettra d'écrire un peu plus selon mes envies mais n'aura aucun impact ici, je serai toujours là pour répondre à vos nombreux commentaires et questions, je ne suis pas une industrie du blogging, je n'ai pas d'objectifs précis de productivité, ma seule ambition est au final de me faire plaisir en écrivant et de vous distraire en me lisant !

lifestyle blogging enjoy life écriture projet

Commentaires

  • oth67
    Et un come back pour le Silent Sunday ?
    Bonne soirée
    • Mary Leviandier
      Si j'avais un peu plus de temps.... peut-être dans quelques mois... bisous
  • Julie
    Ahhhh ton article va dans le sens de ma pensée en ce moment. (Bon j'avoue, ça fait 2 ou 3 ans que je remets en question le blogging et le monde très vaste qui va avec). Plutôt qu'influencer, je préfère "experte". Je ne me sens pas l'âme d'une influenceuse, j'ai quasiment toujours écrit mes posts en pyjama, j'ai même pas le désir d'influencer qui que ce soit. (Sérieux, faut être taré pour vouloir influencer les gens, la liberté tout ça... bref!) En revanche, avec les années qu'on traine à écrire, je pense qu'on a acquis une certaine expertise dans nos domaines. Là aussi il y a un revers à la médaille, les blogueuses qui se disent expertes avec 15 articles de blogs. (Je ne vais pas citer de noms, mais y'en a à la pelle) Et elles te vendent des formations sans queue ni tête. Bref!
    Je te rejoins aussi sur les relations presses et les relations blogs: il y a la France et le reste de l'Europe. J'adore bosser avec les allemands et les anglais. Efficaces, pratiques, et, ils font confiance. J'en ai marre de me battre avec les français. (J'ai même commencé une Blacklist des boites avec qui je ne veux plus travailler ou alors à Mes conditions! Elle est juste pour moi, mais elle va me permettre de quantifier les connards sur une année!)
    C'est con que tu doives pousser un coup de gueule, mais tu n'es pas la seule. Si tu veux, il y a Gaëlle du blog A part ça qui revient sur les relations néfastes dans notre domaine dans une de ces "humeurs déco". Je crois que c'est celle de la semaine passée. Tu verras, tu n'es pas la seule à ne plus supporter tout ça ^^
    Je t'embrassssssssssse (et je t'envoie un peu de soleil)
    • Mary Leviandier
      Merci Julie pour ton comm' qui me rassure ! Je vais aller voir le post dont tu me parles ! On a un sacré problème en France et à force d'agir comme ça ça ne va pas arranger les choses... bref ! Je pense faire aussi du ménage avec certains PR et CM, si la relation de confiance ne peut pas être installée il n'y a aucun raison qu'on bosse ensemble... Bisous pluvieux du Nord